Téléphone Arabe

Happening,

Portables, materiels sonore et visuel,
La belleviloise, Paris 2011

Arabic phone

Mobile phone, visuals and sounds materials,
La belleviloise, Paris, 2011

"Marion Bocquet-Appel se définit comme une artiste plasticienne, spécialisée dans la sculpture et la performance. Diplomée des Beaux-Arts de Paris, où elle a fondé un atelier performance à son retour de l’Ecole du Musée des Beaux-Arts de Boston, cette jeune artiste contemporaine s’inspire de ses voyages – notamment au Maghreb – pour imaginer des performances décalées et surprenantes.

Ainsi, pour sa performance Téléphone arabe, elle s’est interrogée sur la relation que chacun d’entre nous entretenait avec son téléphone, tour à tour objet de communication, accessoire ou jukebox portatif selon les pays. Le public a été partie intégrante de cette expérimentation : alors que des spectateurs complices avaient prêté leurs téléphones portables pour les quelques minutes de performance, Marion avait distribué les numéros desdits telephones au reste de l’audience. Au signal, tout le monde était alors convié à appeler l’un des numéros distribués, afin que s’allume, sonne ou vibre le monticule électronique. Une camera reliée à un vidéoprojecteur permettait de projeter la performance en grand format sur scène, afin que tout le monde, propriétaires dépossédés de leur téléphone et appelants inconnus, puisse profiter de l’étrange spectacle. Cette performance soulevait plusieurs questions. Prête-t-on son téléphone, s’en défait-on facilement? Qu’est-ce que cela entraîne de le voir privé de sa fonction première pour devenir acteur d’une performance, participant à une étonnante “battle cacophonique et vibratoire” (selon les mots mêmes de l’artiste)? Le titre même de la performance, Téléphone Arabe, peut se comprendre de plusieurs façons ; il peut faire référence à l’idée d’une communication non fonctionnelle, comme l’évoque le nom du célèbre jeu enfantin, ce qui est tout à fait le cas ici où le public n’a pas la possibilité de décrocher ces téléphones qui sonnent. Cela peut aussi évoquer une communication brouillée, floue, où les sonneries et vibrations se mélangent pour former un tout indistinct. Ou alors n’est ce qu’une nouvelle définition donnée au téléphone..." Cecile Cée.