1+1=3 (ou le soin des ficelles)

1+1=3 (ou le soin des ficelles),
7 barres de terre cuite, chandeliers dorés à la feuille de cuivre, portant bois, capture d'ecran sur plexiglass de l'oeuvre photographique de Constance Nouvel "Césure" http://www.constancenouvel.fr/crbst_167.html, dimension à géometrie variable, 2016.
Vue de l'exposition 61e Salon de Montrouge. Second plan: Hadrien Gérenton et Luke James. Photographies: Marion Bocquet-Appel, Eric Simon.

"Au travers de pièces et installations, le travail de Marion Bocquet-Appel, artiste céramiste, se présente sous deux registres : celui de l'objet, et celui de sa situation. Imprégnant ses œuvres des territoires traversés pour l'acquisition des savoir-faire propres à les produire, l'artiste s'en écarte au moment de les combiner. Contre tout géocentrisme, l'aphorisme plane : trop loin à l'ouest c'est l'est (1). De même que matière et technique sont métonymiques des objets produits - céramique, grès, faïence, porcelaine - au-delà de l'ambiguité entre artisanat et arts plastiques, la disposition des œuvres au sein non de territoires mais de systèmes de confrontation ou de sérialité, en hybridation avec les nouveaux media, les extrait de tout soupçon de fonctionnalité. 
Ainsi, In Between met en jeu le statut d'un ensemble d'objets réunis autour de questions d'équilibres et de points de vue : un socle, un bol, un tissu drapé, deux barrières, réalisés en céramique selon la technique traditionnelle coréenne du buncheong, aux fissures rehaussées d'or, pratique japonaise du kintsugi. Les deux bornes sans ruban laissent le spectateur dans l'ignorance de leur rôle : barrer ou signaler le passage vers le piédestal, mesurer les espaces interstitiels au sein de l'installation, dont la monochromie ne parvient à mettre au même niveau ses composantes. La référence à un système de monstration normé - mise en valeur, mise à distance - établit d'emblée une hiérarchisation, en lien avec les phénomènes d'exclusion auxquels le regard de l'observateur, comme celui du muséographe, procède. L'artiste invite alors à la reconsidération des marges et des absences, des présences absentes : 1+1=3 (2015) présume d'un surcroît à trouver dans l'addition de deux éléments, par le croisement des objets manufacturés entre eux et avec des documents, reproductions, captures d'écran issus de la chaîne de remplois du copyleft." Texte d'Audrey Teichmann